Sécurité-incendie et désenfumage en Essonne
Une installation de sécurité-incendie se juge sur sa disponibilité dans le temps, puisqu'elle ne sert qu'une fois et doit fonctionner ce jour-là. Les détecteurs portent une durée de vie limitée à dix ans, les batteries de secours à trois ou cinq ans, les vérins de désenfumage à une dizaine de milliers de manœuvres. La consommation permanente d'une centrale, le niveau sonore des sirènes et le dépoussiérage des chambres de mesure appartiennent aussi au fonctionnement courant de ces équipements.


Durée de vie des détecteurs de fumée et des piles
Un détecteur de fumée porte une date de péremption de dix ans à compter de sa fabrication, limite fixée par le vieillissement de sa chambre optique et de son électronique, et non par l'état de sa pile. La diode émettrice et la cellule réceptrice perdent leur sensibilité de façon progressive, dérive que l'appareil ne signale pas, d'où le remplacement complet du détecteur à l'échéance plutôt qu'une simple révision.
L'alimentation départage les familles de produits à l'usage. Une pile alcaline 9 volts tient un an et donne un signal sonore bref toutes les minutes en fin de charge, souvent de nuit lorsque la température baisse. Une pile au lithium scellée dure dix ans et se jette avec l'appareil. Un détecteur raccordé au secteur consomme 0,3 à 0,5 watt en veille, soit 3 à 4 kilowattheures par an et par point, et conserve une pile de secours pour les coupures.
Niveau sonore et fausses alarmes
La sirène d'un détecteur atteint 85 décibels à 3 mètres, niveau suffisant pour réveiller un dormeur à travers une porte fermée, et jusqu'à 100 décibels dans un local technique. Une installation reliée à une centrale ajoute des diffuseurs sonores répartis dans les circulations, dimensionnés pour couvrir le bruit de fond de 10 décibels au moins en tout point.
Les fausses alarmes usent la confiance accordée à l'installation et conduisent souvent à débrancher un appareil. Les vapeurs de cuisson, la vapeur d'une salle d'eau, les poussières de travaux et les insectes entrés dans la chambre de mesure en sont les causes habituelles, ce qui écarte la cuisine, la salle de bains et les débouchés de ventilation des emplacements possibles. Un détecteur optique à double longueur d'onde ou un détecteur de chaleur limite ces déclenchements dans les locaux à vapeurs.
Norme applicable aux exutoires de désenfumage
La norme EN 12101-2 fixe les classes de performance des dispositifs d'évacuation naturelle de fumée et de chaleur, dont la fiabilité d'ouverture, mesurée par un essai de 10 000 cycles pour les exutoires soumis à des manœuvres régulières, et la tenue à 300 degrés pendant 30 minutes.
Coût d'un équipement de sécurité-incendie et de désenfumage
Le prix d'une installation de détection et de désenfumage va de 2 000 à 5 000 euros pour un logement ou un petit local, et de 50 à 150 euros le mètre carré dans un immeuble collectif ou un bâtiment tertiaire. Les dépenses d'exploitation s'y ajoutent sur la durée, un contrat de maintenance allant de 500 à plus de 2 000 euros par an selon le nombre de points, le remplacement d'un détecteur arrivé à dix ans coûtant 60 à 200 euros et un jeu de batteries de centrale 80 à 250 euros.
Entretien courant et nettoyage des organes
Le dépoussiérage des détecteurs constitue l'opération d'entretien la plus fréquente, car la poussière accumulée dans la chambre de mesure fausse le seuil de déclenchement dans les deux sens, retard de détection ou alarme intempestive. L'aspiration de la grille au suceur fin, sans démontage de l'optique, se fait tous les six mois et se double d'un essai au bouton test.
Les organes mobiles du désenfumage réclament une manœuvre périodique. Un ouvrant de façade ou un exutoire de toiture resté fermé plusieurs années grippe ses articulations et casse son vérin au premier déclenchement, d'où une ouverture complète au moins une fois l'an, suivie du graissage des charnières et du contrôle du joint d'étanchéité. Les cartouches de gaz des déclencheurs pneumatiques portent une date limite et se remplacent même sans usage.
Fin de vie des détecteurs et des batteries
Un détecteur de fumée arrivé en fin de vie est un déchet d'équipement électrique et électronique, repris par les points de collecte de la filière et démonté pour en extraire la carte électronique et le boîtier plastique. Les détecteurs à chambre d'ionisation, qui contenaient une source radioactive d'américium, ne se posent plus et relèvent d'une filière de reprise spécifique lorsqu'il en reste en place. Les piles et les batteries au plomb des centrales suivent la collecte des accumulateurs usagés, et aucun de ces éléments ne se jette avec les ordures ménagères.
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